Avocat en saisie-contrefaçon de brevet

La saisie-contrefaçon est l’instrument probatoire central du contentieux français des brevets. Elle se prépare avant la requête, se joue le jour de l’exécution et se défend ensuite. Dhenne Avocats intervient sur les trois temps, en demande comme en défense, devant le tribunal judiciaire de Paris comme devant la Juridiction unifiée du brevet.

Notre intervention

  • La rédaction de la requête et le choix du périmètre de la mission confiée au commissaire de justice.
  • La désignation et le briefing de l’expert indépendant qui accompagne l’opération.
  • L’assistance le jour de l’exécution et le traitement des incidents.
  • Le placement sous séquestre et le débat sur le secret des affaires du saisi.
  • L’action au fond dans le délai imparti, sous peine de nullité de la saisie.
  • En défense, la rétractation de l’ordonnance, la contestation des opérations et la mainlevée du séquestre.

Preuves et informations recueillies

Le juge peut autoriser la description détaillée, avec ou sans prélèvement d’échantillons, ou la saisie réelle des produits et des procédés argués de contrefaçon. La mission peut s’étendre aux documents techniques et comptables : plans, cahiers de laboratoire, factures, bons de commande, listes de clients et de fournisseurs. C’est souvent là que se joue l’étendue du préjudice, plus encore que la matérialité de l’atteinte.

Obtenir l’ordonnance

La mesure est ordonnée sur requête, sans que l’adversaire en soit averti. Le requérant doit justifier de sa qualité à agir et produire son titre. La rédaction de la requête commande tout le reste : c’est elle qui fixe le périmètre de la mission, les lieux visés, les catégories de documents recherchés et les pouvoirs du commissaire de justice. Une mission trop large expose à la rétractation. Une mission trop étroite laisse la preuve sur place.

L’exécution

Les opérations sont conduites par un commissaire de justice, assisté le cas échéant d’un expert indépendant du requérant, et parfois de la force publique. Le conseil du requérant n’assiste pas aux opérations. La préparation du commissaire et de l’expert (ce qu’ils doivent chercher, comment le décrire, ce qu’ils ne doivent pas faire) détermine la valeur de ce qui sera rapporté.

Le séquestre et le secret des affaires

Le saisi peut demander que les éléments appréhendés soient placés sous séquestre, le temps qu’il soit statué sur leur communication. Le juge arbitre alors entre le droit à la preuve du requérant et la protection du secret des affaires du saisi. Cette phase, souvent négligée, décide en pratique de ce que le demandeur pourra réellement produire au procès.

Le délai pour agir au fond

La saisie doit être suivie d’une action au fond dans un délai bref, faute de quoi le saisi peut en obtenir l’annulation, sans avoir à motiver sa demande, et la preuve recueillie est alors perdue. Ce délai court à compter des opérations. Il ne se prolonge pas et ne se négocie pas : il se calcule le jour de la saisie et se tient.

La saisie-contrefaçon de brevet : les temps et les délaisDéroulement type devant le tribunal judiciaire de Paris. Les délais se calculent sur les actes signifiés et les procès-verbaux du dossier.
  1. Avant la saisieRequête au président du tribunalOrdonnance rendue sans débat contradictoire. Le requérant présente loyalement son titre, les faits et la mission demandée.Art. L. 615-5 CPI
  2. Jour JExécution des opérationsCommissaire de justice, assisté le cas échéant d’un expert indépendant : description, prélèvements ou saisie réelle. Le saisi peut demander le séquestre des pièces sensibles.Art. R. 615-4 CPI, art. R. 153-1 C. com.
  3. J + 1 mois au plusSaisine du juge sur le séquestreFaute de demande de modification ou de rétractation de l’ordonnance dans le mois de sa signification, le séquestre provisoire est levé et les pièces transmises au requérant.Art. R. 153-1 C. com. art. 497 CPC
  4. J + 20 jours ouvrables ou 31 jours civilsAction au fond du saisissantLe délai le plus long s’applique. À défaut, la saisie, description comprise, est annulée à la demande du saisi.Art. L. 615-5 et R. 615-6 CPI
  5. EnsuiteDébat sur les pièces séquestréesTri pièce par pièce entre ce qui relève du secret des affaires et ce qui est nécessaire au litige : versions non confidentielles, accès restreint.Art. L. 153-1 et R. 153-2 et s. C. com.
  6. À tout momentRétractation et nullitéLe saisi peut demander au juge qui a rendu l’ordonnance de la rétracter et contester les opérations devant le juge du fond (dépassement de mission, défaut de loyauté, expert non indépendant).Art. 496 et 497 CPC
  7. Au fondUsage de la preuveLes constatations et les pièces communiquées servent à établir la contrefaçon et à chiffrer le préjudice.Art. L. 615-7 CPI

Sources : Code de la propriété intellectuelle (art. L. 615-5, L. 615-7, R. 615-4, R. 615-6), Code de commerce (art. L. 153-1, R. 153-1 et suivants), Code de procédure civile (art. 496 et 497). Schéma indicatif établi le 16 octobre 2026.

En demande : une saisie qui résiste

La saisie-contrefaçon est autorisée sur requête, hors la présence du futur saisi. Cette dérogation au contradictoire a une contrepartie : le requérant doit à la juridiction un exposé loyal et complet des faits, y compris de ceux qui lui sont défavorables. Une procédure d’opposition en cours, une décision étrangère, une limitation de revendications passées sous silence sont autant de causes de rétractation.

Le second point de fragilité est le périmètre de la mission. Trop large, elle expose la mesure au grief de disproportion. Trop étroite, elle laisse la preuve sur place. Nous rédigeons la mission à partir de la revendication invoquée et du produit visé, et non à partir d’une formule type.

En défense : contester une saisie subie

Le saisi n’est pas démuni. La rétractation de l’ordonnance peut être demandée au juge qui l’a rendue, notamment pour défaut de loyauté, insuffisance de la présentation du titre ou disproportion de la mission. La nullité des opérations peut être invoquée pour dépassement de mission ou irrégularité de l’exécution. La sanction du défaut d’action au fond dans le délai prévu par l’article R. 615-6 du code de la propriété intellectuelle est la nullité de la saisie.

Le séquestre est l’autre terrain. Les pièces couvertes par le secret des affaires ne sont restituées au saisissant qu’après un débat contradictoire, dans le cadre des articles L. 153-1 et suivants du code de commerce. Ce débat se prépare : il s’agit d’identifier pièce par pièce ce qui relève du secret et ce qui est nécessaire à la solution du litige.

La saisie n’est pas un acquis pour celui qui l’obtient. Le saisi dispose du référé-rétractation, de la demande de mainlevée, de la contestation du procès-verbal et de la protection de ses secrets d’affaires. Les irrégularités les plus fréquentes tiennent au dépassement de la mission, à l’insuffisance de la requête ou au défaut d’indépendance de l’expert.

Saisie française ou mesure devant la JUB

Depuis l’entrée en vigueur du système unitaire, un même fait de contrefaçon peut donner lieu à une saisie-contrefaçon de droit français ou à une mesure de conservation des preuves fondée sur l’article 60 de l’accord relatif à une juridiction unifiée du brevet. Les deux voies n’ont ni la même portée territoriale, ni le même régime de communication des pièces, ni les mêmes conséquences sur la suite du litige.

Le choix se fait au cas par cas, en fonction du titre, de la localisation des preuves, de l’existence d’un opt-out et de la stratégie d’ensemble. Nous conduisons cet arbitrage avant la requête, jamais après.

Quelques dossiers qui illustrent notre pratique

Biotechnologies : stratégie de preuve et de protection

Conseil stratégique à une entreprise de biotechnologies sur la protection de procédés de fabrication de médicaments biologiques. Préparation d’une stratégie de preuve, analyse des options de saisie-contrefaçon et examen des voies ouvertes devant les juridictions françaises et la Juridiction unifiée du brevet.

Biomédicaments : contestation de saisies-contrefaçon

Participation à la contestation de mesures de saisie-contrefaçon dans le secteur des biomédicaments. Analyse des conditions d’obtention des ordonnances, de la proportionnalité des mesures et de l’étendue des documents saisis, dans leur articulation avec le contentieux au fond.

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Analyses et publications pour approfondir

Questions fréquentes

Qu’apporter pour préparer une saisie-contrefaçon ?

Le titre, une première analyse de contrefaçon, les produits ou procédés visés et les lieux où se trouve la preuve. La mission doit rester justifiée et proportionnée.

Une entreprise saisie peut-elle contester la mesure ?

Elle peut discuter l’ordonnance, l’exécution et la communication des pièces selon les voies applicables. Le secret des affaires et le calendrier du contentieux au fond se vérifient immédiatement.

La saisie française et les mesures de preuve devant la JUB sont-elles interchangeables ?

Elles poursuivent des objectifs proches avec des régimes différents. Le for, le périmètre de la preuve et sa communication commandent le choix.

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Une saisie-contrefaçon se prépare en quelques jours lorsque les éléments sont réunis, et le calendrier est souvent contraint par un salon professionnel, une mise sur le marché ou une opération capitalistique. Écrivez-nous : nous vous dirons rapidement si la mesure est opportune et sous quelle forme.

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