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Test en trois étapes

Définition : Test en trois étapes

Le test en trois étapes, ou triple test, est la règle de droit international et de droit de l’Union qui encadre les exceptions et limitations au droit d’auteur. Issu de l’article 9, paragraphe 2, de la Convention de Berne pour le droit de reproduction, il a été généralisé par l’article 13 de l’Accord sur les ADPIC et l’article 10 du Traité de l’OMPI sur le droit d’auteur, puis repris à l’article 5, paragraphe 5, de la directive 2001/29/CE. Il impose que toute exception soit limitée à certains cas spéciaux, ne porte pas atteinte à l’exploitation normale de l’œuvre et ne cause pas un préjudice injustifié aux intérêts légitimes de l’auteur.

Les trois conditions

La première étape exige que l’exception soit circonscrite à des cas spéciaux, c’est-à-dire définis avec précision et de portée étroite. La deuxième interdit tout conflit avec l’exploitation normale de l’œuvre, entendue comme l’ensemble des formes d’exploitation par lesquelles le titulaire tire ou peut raisonnablement escompter tirer une valeur économique de son œuvre, y compris sur des marchés émergents. La troisième prohibe le préjudice injustifié aux intérêts légitimes du titulaire, ce qui admet un préjudice raisonnable, le cas échéant compensé par une rémunération. Les trois conditions sont cumulatives et s’apprécient successivement.

La transposition en droit français

La loi du 1er août 2006 a inséré le test au dernier alinéa de l’article L. 122-5 du code de la propriété intellectuelle, en n’en reprenant que les deux dernières étapes, la première étant réputée satisfaite par le caractère limitatif de la liste légale des exceptions. Une disposition analogue figure pour les droits voisins et pour les bases de données. Le texte s’adresse en premier lieu au législateur, mais la Cour de cassation l’applique directement au litige, et avait d’ailleurs jugé, avant même la loi de 2006, que la copie privée d’un vidéogramme pouvait être écartée au nom de l’exploitation normale de l’œuvre. Le test joue alors comme un filtre supplémentaire permettant au juge d’écarter, dans un cas particulier, une exception dont les conditions textuelles seraient pourtant réunies.

Les controverses

L’application judiciaire du test est discutée. Une partie de la doctrine y voit une source d’insécurité, les utilisateurs ne pouvant plus se fier à la lettre de l’exception, et une déclaration collective de juristes a proposé de le lire comme une règle d’équilibre plutôt que comme un instrument restrictif. La Cour de justice de l’Union européenne juge que le test ne permet pas d’étendre les exceptions au-delà des cas prévus par la directive, mais elle se montre réticente à l’utiliser pour réduire la portée d’une exception dont les conditions sont remplies. Le test ne s’applique qu’aux exceptions et ne saurait être invoqué pour restreindre les règles d’épuisement ou de durée du droit.

L’essentiel

Le test en trois étapes conditionne la validité et l’application de toute exception au droit d’auteur : cas spéciaux, respect de l’exploitation normale, absence de préjudice injustifié. En France, le juge peut écarter une exception au cas par cas sur ce fondement. Avant de s’appuyer sur une exception pour une exploitation à grande échelle, évaluer l’effet de l’usage sur les marchés actuels et prévisibles de l’œuvre, car c’est sur ce terrain que le test s’applique avec le plus de rigueur.


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