Back to glossary

Consortium agreement

Definition : Consortium agreement

Un accord de consortium en matière de intellectual property est un contrat qui fixe les règles de propriété intellectuelle entre les partenaires d’un projet commun. Il détermine ainsi comment les partenaires partageront et exploiteront les droits sur les résultats de la recherche et du développement.

On parle aussi de contrats de collaboration de recherche. Ils s’imposent dans de nombreux projets innovants financés à l’échelle nationale ou européenne. Les partenaires doivent alors formaliser leur coopération.

Ce groupement contractuel vise à mutualiser les ressources, à répartir les risques et à encadrer la propriété des résultats. Toutefois, à la différence d’une société, le consortium n’a pas de personnalité morale. Il repose donc sur un contrat qui organise juridiquement le projet.

Répartition des droits de propriété intellectuelle

Dans l’accord, les parties conviennent d’abord de l’usage des résultats de la recherche. Elles désignent ensuite le titulaire des droits. Enfin, elles organisent le partage ou le transfert de ces droits entre les partenaires. Pour cela, il faut identifier deux notions fondamentales : les connaissances propres et les résultats.

Les connaissances propres :

Elles correspondent aux savoir-faire, brevets, logiciels ou autres éléments qu’un partenaire détient avant son entrée dans le projet. Il est donc recommandé de les lister dans une annexe du contrat. L’annexe distingue celles que le partenaire peut mettre à disposition et celles que des restrictions encadrent, par exemple en raison de droits de tiers. Cette précaution limite les contestations sur leur origine ou leur usage ultérieur.

Les résultats :

Ils désignent les données, créations ou inventions obtenues dans le cadre du projet. Un résultat peut être propre, lorsqu’un seul partenaire l’a développé. Il peut aussi être commun, lorsqu’il résulte d’un travail conjoint. Cette distinction est cruciale. En effet, elle conditionne la répartition des droits, la charge du dépôt des titres (brevets, logiciels) et les modalités d’exploitation.

Protection des résultats

L’accord peut aussi protéger les secrets commerciaux et la confidentialité des informations. C’est particulièrement vrai dans les domaines technologiques sensibles, comme l’intelligence artificielle, la blockchain ou les biotechnologies. Là, la valeur des connaissances tient souvent à leur caractère confidentiel ou inédit.

Lorsqu’un droit de propriété intellectuelle peut protéger un résultat, comme un brevet ou un logiciel, l’accord fixe les modalités de dépôt. Il prévoit aussi les règles de copropriété et l’organisation de la valorisation. Souvent, les partenaires désignent une entreprise chef de file ou un partenaire gestionnaire. Celui-ci centralise les démarches : dépôt, paiement des annuités, renouvellement.

En cas de copropriété sur des résultats communs, les partenaires peuvent négocier un règlement de copropriété additionnel. Ce règlement fixe notamment la quote-part de chacun et les conditions d’exploitation. Il précise aussi les obligations financières et les droits de préemption en cas de cession à un tiers.

Exploitation des connaissances et des résultats

L’accord doit aussi encadrer l’utilisation et l’exploitation commerciale des connaissances propres et des résultats. En général, chaque partenaire dispose d’un droit d’accès aux éléments des autres pour exécuter le projet. Ce droit reste strictement encadré. Surtout, il ne vaut pas licence d’exploitation.

Pour les besoins commerciaux, l’accord peut prévoir des licences non exclusives. Leur durée reste en général limitée. Les partenaires arrêtent alors des conditions financières « normales pour le secteur » dans un accord séparé. En principe, toute licence exclusive à un tiers suppose l’accord préalable des autres copropriétaires.

Il faut également anticiper les renonciations au dépôt d’un brevet. Ainsi, une partie qui ne souhaite pas déposer ou maintenir un titre en informe les autres. Celles-ci peuvent alors le faire en leur nom propre. Toutefois, une renonciation limitée à certains territoires laisse subsister les obligations de copropriété dans les autres pays.

Sécurisation des entrées et sorties de partenaires

Ces accords permettent aux partenaires de collaborer tout en protégeant leur propriété intellectuelle. Ils offrent en outre une structure claire pour gérer et exploiter les résultats. On les rencontre particulièrement dans les projets de recherche et développement qui réunissent entreprises, universités et instituts de recherche.

Par ailleurs, l’entrée ou le départ d’un partenaire est un point souvent négligé, mais fondamental. Un nouvel entrant peut accéder, sous conditions, aux connaissances et résultats existants. En revanche, un partenaire sortant perd en principe ses droits d’accès et d’exploitation sur les éléments des autres. Il reste néanmoins tenu par les clauses de confidentialité. De plus, il doit restituer ou détruire les documents sensibles.

Gouvernance et responsabilité

Les termes d’un accord de consortium varient beaucoup d’un projet à l’autre. Ils dépendent en effet des besoins et des apports de chaque partenaire.

Pour assurer la bonne exécution du projet, le contrat peut créer des instances de gouvernance : comités de pilotage, comité scientifique, comité des publications. Il définit alors leur rôle, leur mode de désignation et leurs règles de fonctionnement. Souvent, les partenaires désignent aussi un coordinateur, qui assure le suivi technique et administratif du groupement.

Le contrat précise aussi la responsabilité des membres : en principe, chaque partenaire répond de ses propres engagements. Les parties excluent souvent toute solidarité envers les tiers. Elles limitent aussi fréquemment les pertes indemnisables, par exemple les pertes de chiffre d’affaires ou de clientèle.

Publication et confidentialité

Enfin, la gestion des publications est un autre volet essentiel. L’accord doit concilier la transparence scientifique avec la confidentialité et le dépôt préalable des titres. Une clause de confidentialité stricte est donc indispensable pour préserver la valeur commerciale des résultats.

Les parties peuvent également prévoir un droit de regard sur les publications, notamment au profit des partenaires industriels. Chacun vérifie ainsi qu’aucune information stratégique ou protégeable n’est divulguée trop tôt. Ce contrôle protège les droits de propriété intellectuelle et garantit la cohérence de la communication du consortium.


This glossary entry is general in scope and does not constitute legal advice.

Dhenne Avocats handles FRAND licences, standard essential patents and contracts bearing on patents, in advisory work as well as in litigation.

FRAND and standard essential patents · Patent contracts · Tell us about your situation